Résumé du Silence de la mer


15 novembre 2004.
 

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Résumé

En 1941, en pleine guerre, un jeune soldat allemand, Werner Von Ebrennac, vient s’installer chez un homme et sa nièce. Son arrivée se fait dans un silence insoutenable et à travers un malaise fou. Mais « Dieu merci, il a l’air convenable ». C’est un jeune homme poli qui parle constamment, sans jamais obtenir de réponses, sans jamais même en attendre. Il semble vivre seul dans un monde de statues.

Le jeune Werner prend l’habitude, durant l’hiver, de venir se chauffer au feu de foyer, où il égaye son soliloque. Les relations de l’Allemagne et de la France est son sujet le plus fréquent. Il parle d’art, de littérature et de musique, puisqu’il est lui-même France pour pouvoir y apporter quelque chose, mais aussi pour pouvoir y prendre en échange. Un peu à chaque soir, ce sont ses idées que l’on entend dans la maison française. Et les soirées se terminent toujours de la même manière : « Je vous souhaite une bonne nuit ».

Un beau jour, Werner apprend à ses hôtes qu’il ira passer ses deux semaines de permission à Paris, où des amis l’attendent. À son retour, il met une semaine avant d’adresser la parole à ses hôtes. Un soir, alors que durant la journée il a croisé le vieil homme, il descend lourdement voir celui-ci et sa nièce. Il leur demande d’oublier tout ce qu’il a pu dire durant les six derniers mois et expose les plans des Allemands contre la France avant de quitter définitivement la maison.

Commentaire

Le silence de la mer est un roman fort simple, mais renfermant plusieurs éléments qui demandent réflexion et approfondissement. D’abord, l’action elle-même aurait pu causer un problème à l’auteur si elle avait été connue durant la guerre : un français qui héberge un Allemand, c’est plus que subversif pour des hommes qui ne pensent qu’à leur propre victoire. Mais ce qu’il faut voir à travers l’action des personnages, c’est une philosophie fort humaine : nous sommes tous humains, les limites de nos pays ne sont visibles que sur les cartes que nous dressons.

Le roman de Vercors est philosophique et possède une structure narrative qui donne un essor considérable à cette philosophie. Le silence est d’ailleurs un thème et une action qui vient beaucoup influencer la vision que l’on a de l’intrigue. Les premiers mots adressés à Werner Von Ebrennac sont « Entrez, monsieur », alors que celui-ci est sur le point de partir définitivement, à la fin du roman. Et dire que ces mots sont en fait la cristallisation du sentiment éprouvé par le vieil homme envers le plus jeune : une certaine sympathie, une inquiétude. Et les derniers mots qui lui sont adressés, par la nièce, « Adieu », ne viennent que quelques minutes après, à peine. Une porte s’est ouverte, mais personne n’a eu le temps d’y passer. Pourtant, toute l’émotion du moment y est et y demeurera. Voilà ce qu’est Le Silence de la mer de Vercors.

Citations

« Les Anglais, reprit-il, on pense aussitôt : Shakespeare. Les Italiens : Dante. L’Espagne : Cervantès. Et nous [les Allemands], tout de suite : Goethe. Après, il faut chercher. Mais si on dit : et la France ? Alors, qui surgit à l’instant ? Molière ? Racine ? Hugo ? Voltaire ? Rabelais ? Ou quel autre ? Ils se pressent, ils sont comme une foule à l’entrée d’un théâtre, on ne sait pas qui faire entrer d’abord. »

« Un chef qui n’a pas l’amour des siens est un bien misérable mannequin. »

« J’appris ce jour-là qu’une main peut, pour qui sait l’observer, refléter les émotions aussi bien qu’un visage, - aussi bien et mieux qu’un visage car elle échappe davantage au contrôle de la volonté. »

« Il serrait les mâchoires avec une telle énergie que je voyais saillir les pommettes, et une veine, épaisse et tortueuse comme un ver, battre sous la tempe. Soudain, toute la peau de son visage remua, dans une sorte de frémissement souterrain, - comme fait un coup de brise sur un lac ; comme, aux premières bulles, la pellicule de crème durcie à la surface d’un lait qu’on fait bouillir. »

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